Les punaises de lit proviennent essentiellement de l’extérieur pour nous poursuivre et s’installer dans les logements. – GettyImages/ Kinga Krzeminska
Si les punaises de lit avaient disparu dans les années 50 en France, la recrudescence de ces insectes sur le territoire national est une réalité. En cause : les voyages internationaux et le développement des résistances aux insecticides. Pour rappel, les punaises de lit sont des insectes parasites qui vivent à l’abri de la lumière, dans les espaces sombres. Les chambres à coucher et les salons avec canapé sont principalement touchés. « Les punaises de lit se nourrissent de sang et peuvent survivre plusieurs mois, voire années, sans se nourrir. Elles peuvent piquer plusieurs fois en une seule nuit, provoquant des démangeaisons parfois très fortes », précise le site officiel stop-punaises.gouv.fr. Contrairement à une idée reçue encore très répandue, elles peuvent infester n’importe qui et il est parfois compliqué de savoir d’où elles viennent. D’après le rapport de l’Anses* publié en juillet 2023, 11% des ménages français auraient été infestés par ces dernières entre 2017 et 2022. L’Anses ajoute « qu’un faible niveau de revenu ne serait pas lié à un risque supérieur d’infestation par des punaises de lit ». En d’autres termes, tout le monde peut être concerné. En cas d’infestation d’un logement, il est nécessaire de procéder à des mesures strictes pour limiter leur prolifération jusqu’à l’élimination. Mais prudence toutefois, puisque certains réflexes adoptés dans la panique peuvent au contraire favoriser leur propagation : face à ces insectes, certains gestes que l’on croit utiles peuvent en réalité aggraver l’infestation. Certes, il est important d’intervenir rapidement dès que leur présence est repérée afin d’éviter au maximum l’extension de l’infestation à d’autres pièces et aux autres logements de la résidence… mais mieux vaut connaître les erreurs qui risquent d’aggraver la situation. À commencer par aller dormir ailleurs, notamment dans le salon, pour fuir le lit dans lequel on s’est fait piquer. Au risque alors qu’ils ne vous suivent et viennent envahir cette pièce en plus de la chambre. La raison est simple : les punaises de lit sont attirées par le dioxyde de carbone émis par les êtres humains lorsqu’ils respirent, y compris durant la nuit. Et ce, sachant que plus l’infestation est importante, plus les punaises de lit se déplacent dans les autres pièces du logement.
Ne pas déplacer ses affaires dans tout le logement
D’où l’importance de réagir vite, notamment via la lutte dite « mécanique », qui utilise le froid ou la chaleur pour se débarrasser des punaises de lit et de leurs œufs. « La lutte mécanique (sans utilisation d’insecticide) est primordiale pour diminuer ou éliminer la présence de punaises. Elle ne doit en aucune façon être supprimée et peut parfois suffire. Les méthodes présentent comme avantage de ne pas mettre en place de résistance et de limiter l’exposition des résidents et des applicateurs aux produits insecticides », indique le ministère de la Santé. C’est dans ce contexte que se pose la question de la suppression de l’ameublement infesté. Et il s’avère que cette mesure ne doit pas être systématique, mais réfléchie et, surtout, organisée pour ne pas contaminer d’autres sites. C’est pourquoi il est également déconseillé de transporter des affaires d’une pièce à l’autre pour les “mettre à l’abri”, si l’on veut éviter d’emmener des punaises ou des œufs ailleurs et, par conséquent, de compliquer le traitement. Mieux vaut donc, de fait, ne pas acheter des textiles et meubles d’occasion au risque de débuter une infestation.
Passer l’aspirateur, laver son linge, utiliser la chaleur… autant de réflexes indispensables pour limiter l’infestation. Mais attention à ne pas se contenter de gestes réalisés à moitié, au risque de laisser survivre des punaises et leurs œufs. Si le lavage du linge fait partie des mesures essentielles, il ne doit pas se limiter à un simple cycle en machine. L’Assurance maladie recommande ainsi de transporter son linge de lit et ses vêtements depuis la chambre jusqu’à la machine à laver dans un sac fermé, avant de lancer une machine à plus de 60 °C. Surtout, les étapes suivantes demeurent indispensables, à savoir sécher son linge au sèche-linge pendant au moins 30 minutes avant de conserver le tout dans des sacs plastiques scellés jusqu’à la fin de l’infestation. Il en va de même pour l’usage de l’aspirateur pour nettoyer le lit et les objets environnants : attention à ne pas se contenter de le ranger à sa place habituelle… les punaises se feront le plaisir de ressortir une fois l’aspirateur éteint. En effet, les punaises de lit ne meurent pas dans le sac de l’appareil, il est donc indispensable de le placer dans un sac plastique étanche à jeter immédiatement dans une poubelle extérieure.
Éviter les insecticides utilisés au hasard
Enfin, il peut être tentant d’utiliser des bombes insecticides pour traiter soi-même son logement. Une fausse bonne idée qui peut compliquer l’élimination des punaises de lit. « Le recours aux produits chimiques peut provoquer des intoxications, augmenter la résistance des punaises aux insecticides et donc réduire leur efficacité et, plus globalement, contribuer à polluer l’environnement », met en garde l’Anses. L’agence précise toutefois qu’une infestation persistante peut amener à faire appel à des professionnels de la désinsectisation. Mais pas n’importe lesquels** : ceux en possession d’un certificat Certibiocide pour utiliser des produits chimiques dont l’efficacité et les risques ont été évalués. Même constat de la part de l’Assurance maladie : « Évitez d’avoir recours à divers insecticides par vous-même, même s’ils sont en vente dans les circuits autorisés car leur application ne permet pas d’atteindre toutes les cachettes des punaises. » L’erreur cruciale à éviter dans ce contexte n’est autre que de nettoyer très vite son logement après le traitement chimique, alors que le produit doit rester sur les sols suffisamment longtemps pour tuer toutes les punaises.
Enfin, s’il vaut mieux ne pas tarder avant de demander l’aide d’un professionnel, cette recommandation s’applique également au voisinage en cas de logements mitoyens, au risque de voir l’infestation s’étendre plus largement. Comme le précise la mairie de Paris, « il est important d’en parler à ses voisins, propriétaires, gardiens dès lors qu’une infestation est détectée afin qu’une communication soit faite aux occupants du bâtiment. La participation de toutes les personnes concernées par l’élimination des punaises de lit, soit le propriétaire, les occupants de l’immeuble et les professionnels de la désinsectisation, est une condition essentielle à sa réussite. » Une fois que l’infestation a été repérée et les voisins informés, il faut pouvoir inspecter les locaux les plus proches du lieu infesté pour garantir que le moyen de désinfestation choisi sera efficace et l’étendre à l’ensemble des espaces contaminés. À noter que, même si une infestation est éprouvante au quotidien, elle n’est pas une fatalité : selon l’Anses, les deux tiers des personnes concernées parviennent à se débarrasser des punaises de lit en moins de deux mois.
*Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
*** Assurez-vous qu’il soit labellisé “punaises de lit”. Vous pouvez retrouver la liste des entreprises labellisées sur : cs3d-expertise-punaises.fr
Punaises de lit : Les erreurs à ne surtout pas faire !
Par Alexandra Bresson
Si les punaises de lit avaient disparu dans les années 50 en France, la recrudescence de ces insectes sur le territoire national est une réalité. En cause : les voyages internationaux et le développement des résistances aux insecticides. Pour rappel, les punaises de lit sont des insectes parasites qui vivent à l’abri de la lumière, dans les espaces sombres. Les chambres à coucher et les salons avec canapé sont principalement touchés. « Les punaises de lit se nourrissent de sang et peuvent survivre plusieurs mois, voire années, sans se nourrir. Elles peuvent piquer plusieurs fois en une seule nuit, provoquant des démangeaisons parfois très fortes », précise le site officiel stop-punaises.gouv.fr. Contrairement à une idée reçue encore très répandue, elles peuvent infester n’importe qui et il est parfois compliqué de savoir d’où elles viennent. D’après le rapport de l’Anses* publié en juillet 2023, 11% des ménages français auraient été infestés par ces dernières entre 2017 et 2022. L’Anses ajoute « qu’un faible niveau de revenu ne serait pas lié à un risque supérieur d’infestation par des punaises de lit ». En d’autres termes, tout le monde peut être concerné. En cas d’infestation d’un logement, il est nécessaire de procéder à des mesures strictes pour limiter leur prolifération jusqu’à l’élimination. Mais prudence toutefois, puisque certains réflexes adoptés dans la panique peuvent au contraire favoriser leur propagation : face à ces insectes, certains gestes que l’on croit utiles peuvent en réalité aggraver l’infestation. Certes, il est important d’intervenir rapidement dès que leur présence est repérée afin d’éviter au maximum l’extension de l’infestation à d’autres pièces et aux autres logements de la résidence… mais mieux vaut connaître les erreurs qui risquent d’aggraver la situation. À commencer par aller dormir ailleurs, notamment dans le salon, pour fuir le lit dans lequel on s’est fait piquer. Au risque alors qu’ils ne vous suivent et viennent envahir cette pièce en plus de la chambre. La raison est simple : les punaises de lit sont attirées par le dioxyde de carbone émis par les êtres humains lorsqu’ils respirent, y compris durant la nuit. Et ce, sachant que plus l’infestation est importante, plus les punaises de lit se déplacent dans les autres pièces du logement.
Ne pas déplacer ses affaires dans tout le logement
D’où l’importance de réagir vite, notamment via la lutte dite « mécanique », qui utilise le froid ou la chaleur pour se débarrasser des punaises de lit et de leurs œufs. « La lutte mécanique (sans utilisation d’insecticide) est primordiale pour diminuer ou éliminer la présence de punaises. Elle ne doit en aucune façon être supprimée et peut parfois suffire. Les méthodes présentent comme avantage de ne pas mettre en place de résistance et de limiter l’exposition des résidents et des applicateurs aux produits insecticides », indique le ministère de la Santé. C’est dans ce contexte que se pose la question de la suppression de l’ameublement infesté. Et il s’avère que cette mesure ne doit pas être systématique, mais réfléchie et, surtout, organisée pour ne pas contaminer d’autres sites. C’est pourquoi il est également déconseillé de transporter des affaires d’une pièce à l’autre pour les “mettre à l’abri”, si l’on veut éviter d’emmener des punaises ou des œufs ailleurs et, par conséquent, de compliquer le traitement. Mieux vaut donc, de fait, ne pas acheter des textiles et meubles d’occasion au risque de débuter une infestation.
Passer l’aspirateur, laver son linge, utiliser la chaleur… autant de réflexes indispensables pour limiter l’infestation. Mais attention à ne pas se contenter de gestes réalisés à moitié, au risque de laisser survivre des punaises et leurs œufs. Si le lavage du linge fait partie des mesures essentielles, il ne doit pas se limiter à un simple cycle en machine. L’Assurance maladie recommande ainsi de transporter son linge de lit et ses vêtements depuis la chambre jusqu’à la machine à laver dans un sac fermé, avant de lancer une machine à plus de 60 °C. Surtout, les étapes suivantes demeurent indispensables, à savoir sécher son linge au sèche-linge pendant au moins 30 minutes avant de conserver le tout dans des sacs plastiques scellés jusqu’à la fin de l’infestation. Il en va de même pour l’usage de l’aspirateur pour nettoyer le lit et les objets environnants : attention à ne pas se contenter de le ranger à sa place habituelle… les punaises se feront le plaisir de ressortir une fois l’aspirateur éteint. En effet, les punaises de lit ne meurent pas dans le sac de l’appareil, il est donc indispensable de le placer dans un sac plastique étanche à jeter immédiatement dans une poubelle extérieure.
Éviter les insecticides utilisés au hasard
Enfin, il peut être tentant d’utiliser des bombes insecticides pour traiter soi-même son logement. Une fausse bonne idée qui peut compliquer l’élimination des punaises de lit. « Le recours aux produits chimiques peut provoquer des intoxications, augmenter la résistance des punaises aux insecticides et donc réduire leur efficacité et, plus globalement, contribuer à polluer l’environnement », met en garde l’Anses. L’agence précise toutefois qu’une infestation persistante peut amener à faire appel à des professionnels de la désinsectisation. Mais pas n’importe lesquels** : ceux en possession d’un certificat Certibiocide pour utiliser des produits chimiques dont l’efficacité et les risques ont été évalués. Même constat de la part de l’Assurance maladie : « Évitez d’avoir recours à divers insecticides par vous-même, même s’ils sont en vente dans les circuits autorisés car leur application ne permet pas d’atteindre toutes les cachettes des punaises. » L’erreur cruciale à éviter dans ce contexte n’est autre que de nettoyer très vite son logement après le traitement chimique, alors que le produit doit rester sur les sols suffisamment longtemps pour tuer toutes les punaises.
Enfin, s’il vaut mieux ne pas tarder avant de demander l’aide d’un professionnel, cette recommandation s’applique également au voisinage en cas de logements mitoyens, au risque de voir l’infestation s’étendre plus largement. Comme le précise la mairie de Paris, « il est important d’en parler à ses voisins, propriétaires, gardiens dès lors qu’une infestation est détectée afin qu’une communication soit faite aux occupants du bâtiment. La participation de toutes les personnes concernées par l’élimination des punaises de lit, soit le propriétaire, les occupants de l’immeuble et les professionnels de la désinsectisation, est une condition essentielle à sa réussite. » Une fois que l’infestation a été repérée et les voisins informés, il faut pouvoir inspecter les locaux les plus proches du lieu infesté pour garantir que le moyen de désinfestation choisi sera efficace et l’étendre à l’ensemble des espaces contaminés. À noter que, même si une infestation est éprouvante au quotidien, elle n’est pas une fatalité : selon l’Anses, les deux tiers des personnes concernées parviennent à se débarrasser des punaises de lit en moins de deux mois.
*Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
*** Assurez-vous qu’il soit labellisé “punaises de lit”. Vous pouvez retrouver la liste des entreprises labellisées sur : cs3d-expertise-punaises.fr