Le réchauffement climatique favorise une forte progression du moustique tigre en France. Une étude publiée par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et consultée par franceinfo ce lundi montre que plus de 70% du territoire deviendra favorable à son implantation d’ici 2085.
Le moustique tigre pourrait gagner une grande partie de la France dans les prochaines décennies. Selon une étude publiée ce lundi par des chercheurs de l’IRD, du Cirad et de l’Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics (ICTP) et consultée par franceinfo, plus de 70% du territoire métropolitain deviendra favorable à son implantation d’ici 2085 sous l’effet du réchauffement climatique.
Les scientifiques estiment aussi que le risque de transmission de la dengue progressera fortement. « Autrefois vecteur tropical, le moustique tigre devient une menace française », alerte l’IRD.
Une progression portée presque uniquement par le réchauffement climatique
Le moustique tigre s’est déjà largement installé en France. Présent dans un seul département en 2004, il est désormais implanté dans 81 départements en 2025.
Les chercheurs ont modélisé son évolution à l’horizon 2085 selon plusieurs scénarios climatiques : un où les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas trop importantes et la croissance stagnante, et un autre où les émissions sont élevées et la croissance démographique forte. Dans le scénario le plus favorable, le premier, 72% de l’Hexagone deviendrait propice à l’implantation du moustique tigre. Dans le scénario le plus pessimiste, cette proportion atteindrait entre 89% et 96%.
Selon l’étude, « plus de 99% des changements à venir dans l’aire de répartition du moustique et dans le risque de transmission » de la dengue « seront attribuables au changement climatique, tandis que les évolutions démographiques auront un rôle négligeable ». Les températures plus élevées augmentent « la fertilité et l’espérance de vie » des larves et accélèrent leur développement.
Un risque de dengue sur une grande partie du territoire
L’étude prévoit également une augmentation du risque de transmission de la dengue. D’ici 2085, il pourrait concerner entre 71% et 95% du territoire selon les scénarios retenus.
La période pendant laquelle le moustique est actif devrait aussi s’allonger. Elle commencerait plus tôt au printemps et se terminerait plus tard à l’automne. « On estime même que dans certaines zones des côtes méditerranéennes et basques, le vecteur pourrait devenir actif toute l’année », insistent les chercheurs.
Les zones rurales aussi concernées
Contrairement aux idées reçues, les chercheurs estiment que les zones périurbaines et rurales pourraient être plus exposées au risque de transmission que les grandes villes. Si les moustiques sont plus nombreux en milieu urbain, ils piquent davantage les mêmes personnes dans les secteurs moins peuplés, ce qui peut favoriser la circulation du virus.
Les auteurs de l’étude espèrent que ces projections permettront aux agences régionales de santé et aux collectivités de mieux cibler les actions de surveillance, de prévention et de lutte contre le moustique tigre.
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