Punaises de lits : une recrudescence est observée depuis juin 2025

Se dirige-t-on vers un nouvel épisode de psychose en cette période estivale ? Le nombre de cas d’infestations de punaises de lit a augmenté de 50 % en juin 2025 par rapport au même mois l’an passé, révèle ce jeudi le Syndicat des experts en détection canine de punaises de lit (SEDCPL) et l’Association des professionnels de la protection de la santé cités par BFMTV.

En revanche, l’étude note sur les six premiers mois de 2025 une baisse des cas positifs de l’ordre de 26 % par rapport à l’an passé. D’après les syndicats, les raisons de ce recul sont multiples : « expertises en amont des infestations massives », « interventions techniques de mieux en mieux maîtrisées » et « montée en compétence des applicateurs hygiéniques ».

Davantage de voyages ?

Mais alors, comment expliquer cette poussée de fièvre en juin ? « L’été demeure une période de grande vulnérabilité, entre mouvement de population pour les vacances et fortes chaleurs appréciées par ces nuisibles », estime ainsi Sébastien Pizzocaro, président du SEDCPL. Il n’existe pas de données nationales fournies par les autorités, les chiffres des professionnels sont donc les seuls disponibles.

« Contrairement à l’année dernière, on a eu en 2025 un printemps super beau. Donc les gens ont sans doute plus davantage voyagé, ce qui est le premier facteur des infestations », commente auprès du Parisien Nicolas Roux de Bézieux, cofondateur de Badbugs, une plate-forme visant à lutter, entre autres, contre les punaises de lit.


Selon lui, de nombreuses victimes récupèrent les sales bêtes « lors des ponts de mai », s’en rendent compte quelques jours ou semaines plus tard, et réalisent des demandes d’intervention en juin. Les zones à forte tension de population sont soumises à davantage de tensions lors des mois estivaux.

Nicolas Roux de Bézieux suppose également un certain « relâchement » consécutif à la psychose de l’année 2023 — « artificiellement amplifiée sur les réseaux sociaux » par la Russie, selon les autorités françaises — lorsque des signalements massifs, parfois non vérifiés, faisaient état d’infestations dans divers lieux publics comme les cinémas, les trains et les hôpitaux, créant un climat de peur et d’anxiété généralisée. « Le sujet était un peu plus lointain cette année », estime-t-il.

Prise de conscience

À l’inverse, la diminution des cas dans les premiers mois de l’année s’explique, selon les auteurs de l’étude, par une « prise de conscience généralisée » sur les sujets. « Les acteurs sollicitent plus d’expertises en amont, ce qui permet d’intervenir plus tôt, voire d’éviter des infestations massives », estiment ainsi les professionnels du secteur.

Les syndicats louent notamment « l’efficacité croissante des mesures de contrôle et de prévention » ainsi qu’une « montée en compétences des applicateurs hygiénistes ». « Un virage professionnel dans la gestion du risque punaise », se réjouissent-ils.



Qu’en sera-t-il pour le reste de l’été ? Difficile de le dire. « On a effectivement un risque d’augmentation des infestations. Comme pour le Covid, il existe un cercle vicieux où les personnes se refilent les nuisibles sans le vouloir », suppose Nicolas Roux de Bézieux, qui dit tout de même « espérer que le temps de réaction des gens se soit amélioré ».

Le phénomène des infestations de punaises de lit a pris ces dernières années de l’ampleur en France. Selon un sondage de 2022 de l’institut Ipsos pour l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), 11 % des foyers français avaient été infestés les cinq années précédentes.

LeParisien